Hang That Man: The Minister of the Culture of Destruction.

[Please note that this is a diatribe and not an apology of the death penalty.]

De la disparition du passé, on se console facilement ; c’est de la disparition de l’avenir qu’on ne se remet pas. Le pays dont l’absence m’attriste et m’obsède, ce n’est pas celui que j’ai connu dans ma jeunesse, c’est celui dont j’ai rêvé, et qui n’a jamais pu voir le jour.

Amin Maalouf

Hang Gaby Layoun Minister of the Culture of Destruction Lebanon

First he facilitated the destruction of the Phoenician harbor of Beirut in June 2012 claiming the site had no archaeological value. So we laid the blame on those stupid Phoenicians for building their harbor on an estate worth tens of millions of dollars. Now the Medawar family is to blame for having erected, in the 1920s, a beautiful house on a piece of land now worth millions. Thanks to the Minister of the Culture of Destruction Gaby Layyoun, the “Villa Medawar” in Badaro, which was later inhabited by the family of Amin Maalouf, has been destroyed. True story.

Villa Medawar Maalouf Residence before destruction

Before (source: Libanews/ (c) Raja Noujeim)

The Daily Star, “Maalouf House yields to skyscraper plans“, Friday, January 4, 2013.

BEIRUT: Bulldozers began demolishing the three-story Medawar Building, also known as the Maalouf House, in Beirut’s Badaro neighborhood Thursday afternoon.

The demolition of the 80-year-old building comes less than three months after Culture Minister Gaby Layyoun approved the Kettaneh Group construction firm’s request to replace the building with a 22-story-high skyscraper.

Layyoun’s October decision came four months after he rejected the firm’s request to demolish the building, arguing that the structure adds unique architectural value to the city.

In a letter addressed to Kettaneh Group on June 22 of last year, Layyoun said: “The Culture Ministry does not approve the destruction of the building on plot 3696 in the Mazraa area [Badaro] since the building continues to represent a unique architectural pattern in the area.”

But on Oct. 23, Layyoun said: “The Culture Ministry approves the destruction of the building on plot 3696 in Mazraa since the building belongs to the transitional period of the French mandate and its architecture does not have any unique traditional techniques.” [I grant you that it’s not traditional, but it’s still original and beautiful.]

Although the precise date on which the building was built is unknown, architects say that its features embody the art deco style found in Italian and French architecture. Such architecture, adopted by Lebanon’s rising bourgeoisie, became famous in Lebanon in the 1930s and 1940s.

In the early 1960s, Amin Maalouf, Lebanon’s renowned writer and a member of France’s Academie Francaise, moved into the second floor of the building in Badaro with his family.

Maalouf’s mother was the last to leave the building in 2011 after the 1,600 square meters of land was purchased by the Kettaneh Group. Activists say that the judiciary should open an investigation to uncover the reasons behind the Culture Ministry’s two contradictory decisions. [Hint: look for a generous money transfer from Kettaneh to Layyoun’s bank account.]

While France has welcomed Maalouf in the Académie Française, raising him among the Nation’s greatest men, the Lebanese government razes his former residence to the ground. As Maalouf rightly said: “I have gone nowhere, it is my country that has gone.” A country not worthy of its heritage and of those who bear its name across the world.

Advertisements
This entry was posted in Lebanon and tagged , , , , , . Bookmark the permalink.

7 Responses to Hang That Man: The Minister of the Culture of Destruction.

  1. Charbel Najjar says:

    La maison de Amine Maalouf est a Ayn el Kabou. cessez vos jeux de molitique desastreuse.

    Amine Maalouf est de Ain el Kabou au mont Liban pret de Sannine. Sa maison la haut est sur la route litteraire nommee ainsi par l’ association “darb el jabal”. des milliers de touristes et de randonneurs visitent cette region et parcourent les maisons de Neaimé abdallah ghanem Iskandar maalouf Rafic Maalouf le musicien Ibrahim Maalouf et tant d’ autres . La maison de beyrouth est une maison en location et Amine a vecu dans d’ autres .La seule et unique maison appartenant a amine est celle de AYN el Kabou. j’ ai un seul souhait! : laissons Amine en dehors de cette politique politicienne qui bloque tout espoir de renouveau dans ce pays en meurtri.

    • a.s. says:

      Une petite précision alors.

      1. Je ne sais pas d’où sort votre assomption selon laquelle ce billet se mêle de politique. Certes, l’objet de ma critique est un politicien; est-ce une raison suffisante pour ne pas le critiquer? Un Ministre est responsable devant le peuple. À nous de juger sa performance et de critiquer ses erreurs en toute liberté d’expression. Pour être clair: je me fiche des joutes verbales stupides entre 14 et 8 mars, tous deux assi incompétents et bons à rien les uns que les autres. Je ne fais pas de politique, je la commente. Ça vous gêne?

      2. Oui cette maison était une maison de location, et pour être plus précis, la famille Maalouf a loué un appartement au 2ème étage dans cette villa, mais ce n’est aucunement une raison suffisante pour la détruire. Que de maisons, résidences, villas, immeubles, bâtiments trouvez-vous dans tous les pays d’Europe qui portent une plaque indiquant scrupuleusement: “Ici est né tel ou tel; ici a vécu de telle date à telle date… ici est mort tel ou tel…”

      3. Laisser Amin Maalouf en dehors de cette histoire? Pas question! Le mettre hors-sujet, c’est rendre service à la culture de la destruction dans laquelle M. le Ministre semble exceller. Et puis, qui êtes-vous pour décréter quelle est la “seule et unique” maison de Maalouf? Figurez-vous, Monsieur, que j’ai vu M. Maalouf en novembre dernier à Paris et que je me suis entretennu avec lui au sujet de cette “maison de location”. Savez-vous ce qu’il m’a dit? Il souhaitait qu’une solution puisse être trouvée pour sauvegarder ce bâtiment.

      4. Enfin, personne ne conteste que cette maison ne présente pas les caractéristiques de l’architecture libanaise traditionnelle (style ottoman, mandataire, etc.). Mais c’est justement parce qu’elle n’est pas de style traditionnel qu’elle a de la valeur; c’est justement son architecture unique en son genre, son originalité, et enfin sa beauté tout simplement, qui en font un bâtiment digne d’être conservé.

      5. Maintenant que j’y pense, sans doute aurait-il fallu qu’on accepte la destruction du port phénicien et la suppression de leur trace pour ne pas heurter la sensibilité des politiciens et de leurs aveugles partisans. D’ailleurs, comme je l’ai dit, c’est la faute aux Phéniciens d’avoir construit leur port sur une propriété privée, n’est-ce pas?

      Votre commentaire m’a donné la nausée. En le relisant, je me suis rendu compte d’une dernière chose: ce n’est pas ce que j’écris qui relève de la “politique politicienne” et des mauvais “jeux de la politique”, mais bien votre réaction sordide. Quoi qu’il en soit, je ne perds pas espoir.

      • Stéphanias. says:

        Bien dit,

        Permets-moi de rajouter que le matérialisme dont témoigne le commentaire est révoltant.
        J’espère qu’un jour on apprendra que l’on peut s’approprier un espace, l’habiter et lui donner une âme sans le posséder.

        S.

  2. Georges says:

    This is only one of his great crimes, not to forget what he did in downtown with the Phoenician ruins and in Batroun, also in Beirut the roman ruins, every while he makes major decisions that seriously destroys a part of our history, touristic sites and culture.
    Probably he is one of the most harmful men who has passed in Lebanon worse than the war leaders.

  3. Jean-Jacques says:

    Mr. A.S.

    Vous avez certainement raison en disant “l’objet de ma critique est un politicien; est-ce une raison suffisante pour ne pas le critiquer? Un Ministre est responsable devant le peuple. À nous de juger sa performance et de critiquer ses erreurs en toute liberté d’expression”.

    Mais si vous êtes a 100% sur de ce que vous dites dans vos critiques, surtout en accusant directement Layyoun d’avoir rempli ses poches sans aucune preuve, pourquoi donc vous cachez vous derrière des initiales? Si vous aviez les preuves, vous pourriez dire ce que vous voulez ouvertement et personne ne pourra vous atteindre.

    Ceci dit mon cher A.S, il aura surement été beaucoup plus utile aussi de lire ou de réviser la “Job description” d’un ministre de la culture en ce qui concerne les affaires que vous avez mentionné ci dessus.

    Pour le reste des lecteurs (et je suis sur que vous pourriez vous-même en profiter pour vos posts avenirs) , je vais résumer brièvement comment se déroulent les choses dans des cas pareils.

    1- Toute propriété foncière, un terrain, un immeuble ou une villa est comme son nom l’indique une propriété qui a un propriétaire.

    2- Toute propriété se transfère de propriétaire en propriétaire en contre partie, normalement, d’une somme d’argent et d’un contrat.

    3- Si le nouveau propriétaire est un individu prive ou une société, dans les 2 cas nous nous trouvons toujours jusqu’à maintenant dans les normes d’une transaction immobilière qui n’a rien d’anormal et je peux me permettre de dire que jusqu’ici nous somme d’accords.

    4- Dans le cas ou l’acheteur du bien immobilier est une société de construction qui a pour but de démolir l’immeuble, elle doit premièrement s’assurer que la battisse n’est pas classifiée par le Ministère de la Culture comme “Historique” et donc a conserver, et si la battisse n’est sur aucune liste de conservation, la société garde le droit d’en faire ce qu’elle veut.

    5- Au cas ou une polémique (comme celle de la villa Medawar) se déclenche, le ministère de la culture envoie un ou une experte sur le site. Cet(te) expert(e) fait son rapport et le présente au ministère, qui dépendamment du rapport décide si l’immeuble peut être détruite ou pas.

    6- Au cas ou la décision prise est contestée par le nouveau propriétaire du bien, celui ci peut faire appel (tout a fait comme dans un tribunal), et a ce moment la, le ministère de la culture et envoie une équipe de plusieurs experts qui comprend des architectes, des archéologues, des ingénieurs, des restaurateurs, etc… pour que a leur tour ils fassent leur propre analyse et rapport final.

    7- Dans certains cas ce sont ces 2 rapports qui se contredisent , et le second (qui est le final) trouve que ce bâtiment n’a aucune raison d’être conservé, et donc le ministre (qui lui même ne décide rien du tout mais ne fait que suivre les rapports des experts) signe comme quoi le sort de ce bâtiment est désormais entre les mains de la compagnie de construction. Et c’est ce qui s’est passé dans le cas de Medawar.

    Après tout, imaginez vous si vous aviez vous même un terrain en “prime location”, que vous avez payé tres cher, mais que le ministre Layyoun (ou autre) vous interdit d’en profiter alors que tout vos papiers sont en règles! Je vous assure Mr. A.S. qu’a ce moment la, vous ne l’accuseriez pas d’être le Ministre de la culture de la destruction, mais celui de la dictature, de l’autoritarisme et de la confiscation des biens privés.

    Pour conclure, j’espère que mon commentaire ne vous a pas donné la nausée comme celui de Mr. Charbel Najjar, mais s’il vous plait, après avoir explique (j’espère clairement) les technicités de la situation, permettez moi de dire que le dernier argument pour vous prouver que vous racontez n’importe quoi est bel et bien celui de Mr. Charbel Najjar: “La maison de Amine Maalouf est a Ayn el Kabou. cessez vos jeux de molitique desastreuse”.

    • a.s. says:

      Cher J.-J.

      Merci pour cet aperçu juridique rapide qui ne manquera pas d’échauffer davantage notre débat et le rendre encore plus intéressant qu’il ne l’est. Je vous remercie également parce que vous me donnez l’occasion de revenir sur certains points qui vont bien au-delà du ministre Layyoun puisqu’ils touchent au rôle qu’est censé jouer le Ministère de la Culture dans un pays qui se veut civilisé.

      Concernant les accusations de corruption à l’encontre de M. Layyoun, une petite rectification de tir s’impose. Comme la progression de mon billet le montre, le but est de dénoncer cet acte de destruction que nombre de militants de la société civile ont condamné pour être préjudiciable à la mémoire et au patrimoine libanais. L’accusation que je dirige à l’égard du concerné s’articule par conséquent autour de cette dénonciation. Le reste, notamment l’accusation de corruption, figure à titre accessoire ou indicatif (d’où les crochets autour d’un terme bien choisi: “hint” ou indice). En gros, je n’ai pas de preuves, ce sont des supputations que je fais pour essayer d’expliquer le grave revirement d’attitude du concerné, pour essayer de comprendre pourquoi un citoyen ordonnerait de plein gré la destruction d’un bâtiment qui – sans ce citoyen criminel – aurait continué d’enrichir le paysage urbain de Beyrouth et le doter d’une identité propre, une identité bigarrée, une identité-carrefour entre plusieurs traditions culturelles et architecturales. Si ce n’est pas l’argent qui a motivé cet acte (et dans ce cas mon accusation arbitraire n’est pas vérifiée), ce serait tout bonnement l’inconscience d’un citoyen occupant une haute responsabilité, ou pire: le manque de culture, l’absence d’un sens de la valeur architecturale, d’un ministre de la… Culture.

      Voilà pour l’accusation. Vraie ou pas, corruption matérielle ou morale, c’est du pareil au même. Quant au reste:

      L’argument que je défends est très simple: je ne dis pas que ce qui a été fait est illégal (c’est ça le pire) ni que le Ministère n’a pas agi conformément aux procédures administratives établies, mais que, justement parce qu’il a agi conformément à la procédure que celle-ci mérite d’être révisée (nous traitons de votre 4è point). Au-delà du ministre actuel, il faut “mettre en lois” les critères de classification de manière minutieuse et détaillée. Il faut remplir ces “listes de conservation”, si rachitiques! Et M. Layyoun ne l’a pas fait. Bon, mais je ne le plains pas pour ce qu’il n’a pas fait. Je le plains pour ce qu’il a fait. Je pense qu’il aurait pu faire bien plus s’il l’avait voulu. Vous semblez montrer l’image d’un Ministère impuissant face à la toute-puissance des experts, comme quoi les “experts” décident et le Ministre exécute bon gré mal gré. Non, ce n’est pas convaincant. De plus, le Ministère désigne lui-même les “experts”, et c’est là où tout peut se jouer, où les conclusions de l’enquête peuvent être connues à l’avance…

      Encore une question, cette fois au-delà de la villa Medawar (R.I.P.) — et c’est là où je trouve votre réaction vraiment affligeante: qu’en est-il du port phénicien? Qu’en est-il des autres sites archéologiques laminés sous le mandat de Layyoun? Vous n’allez tout bonnement pas me faire un topo juridique sur la propriété privée qui coïncide avec un site plurimillénaire, je l’espère, et blâmer ces satanés phéniciens de ne pas avoir formulé leur contrat de vente un peu plus clairement.

      Il est bon de se demander comment j’aurais réagi si je possédais moi-même un terrain en “prime location”. C’est un dilemme en effet: conserver le patrimoine ou bien faire fructifier des millions de dollars? D’abord, le dilemme est moins prononcé quand il s’agit d’une compagnie et non d’un individu; la première jongle avec des millions et peut opter pour des alternatives, le second oscille entre des valeurs abstraites (patrimoine, mémoire, blabla idéalist) et des valeurs très concrètes, avec beaucoup de zéros et un bel avenir en perspective. En bref, je ne pense pas que le groupe Kettaneh aurait fait faillite sans cette affaire.

      La valeur d’une ville, la valeur de son immobilier (pour parler en termes plus matérialistes puisque c’est la langue dominante de nos jours) dépendent aussi de son patrimoine et de son identité. Quand est-ce que le groupe Kettaneh (et d’autres! ils sont si nombreux!) comprendra que l’immobilier profitera également de la sauvegarde de bâtiments historiques en “prime location” — comme à Hamra, Ras-Beyrouth, Gemmayzeh, Mar Mikhael — et que les millions que l’on perd en ne les détruisant pas seront compensés et en valeurs liquides et en valeurs culturelles.

      Pour finir, non, vous lire ne m’a pas donné la nausée. Seule la bêtise me donne la nausée (c’est le cas du commentaire que vous appuyez). Il y avait un argument dans ce que vous avez écrit, à savoir que tous les papiers sont en règle; argument que j’ai essayé de replacer dans une perspective qui dépasse le cadre strictement légal et sec et dépourvu d’horizon.

      Dans certains pays, on a le droit de frapper sa femme, d’épouser une enfant, de commettre un crime pour sauvegarder son honneur… et c’est tout à fait légal.

      Ce n’est pas une raison suffisante.

  4. Pingback: Sara El-Yafi

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s